Securitas Luxembourg: dialogue social inexistant

Une nouvelle loi inappliquée


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Securitas: l’exception luxembourgeoise

Securitas est leader mondial du savoir-faire de sécurité et est présent dans 51 pays, principalement en Europe et Amérique du Nord. Mais qu’en est-il du code de valeurs et d’éthique de Securitas ? Et plus précisément du point 3 dudit code qui fait une approche sur la  conformité aux lois et réglementations locales ?

Force est de constater que dans certains pays comme la France ou la Belgique, la volonté de Securitas de respecter ce point 3 est de mise. Hélas, cela ne semble pas vraiment être le cas chez Securitas Luxembourg.

Le point 3 du code de valeurs et d’éthique prévoit ceci : « Tous les collaborateurs et partenaires commerciaux doivent respecter les lois et règlementation en vigueur dans le pays où Securitas exerce ses activités. Le code constitue une norme minimum et doit être appliqué dans les activités de Securitas même s’il fixe un standard supérieur à la législation locale. Les entités locales de Securitas peuvent adopter et appliquer des principes qui sont plus stricts ou détaillées que ceux fixés par le code. Dans ce cas, les règles locales s’appliquent en plus de celles du code ».

Cependant, Securitas Luxembourg SA interprète les lois locales en défaveur des salariés.

Une loi censée renforcer les droits des salariés

Concrètement, depuis l’introduction au 1er janvier 2016 de la nouvelle loi sur le dialogue social, une délégation peut avoir :

  • 1 délégué lorsque l’effectif des salariés est compris entre 250 et 500
  • 2 délégués, lorsque l’effectif des salariés est compris entre 501 et 1.000
  • … ainsi de suite

Le but de cette nouvelle loi est de renforcer les droits de la délégation du personnel. Notamment en augmentant le nombre de délégués et l’élargissement de leurs attributions.

Un syndicat obédient

En mars 2016, la délégation de Securitas, malgré l’opposition ferme du LCGB, pourtant un syndicat, procède au vote de 2 délégués permanents. En effet, au moment de l’introduction de la nouvelle loi, l’entreprise comptait plus de 500 salariés. Cependant, l’administrateur délégué de Securitas préfère prendre en compte le nombre de salariés de novembre 2013. Securitas comptait à ce moment moins de 500 salariés. Donc un seul délégué à élire. Le syndicat LCGB soutient l’employeur dans cette vision des choses. Il préfère soutenir l’affaiblissement de la délégation plutôt que de concéder un délégué au NGL-SNEP !

Securitas, elle, préfère s’engager dans des procédures judiciaires longues et coûteuses plutôt que d’appliquer la nouvelle loi. Le patron de Securitas Luxembourg nous a déjà annoncé sa volonté de faire durer l’affaire devant les tribunaux. Du dilatoire donc avec l’intention de nuire au NGL-SNEP. En même temps, il a menacé les délégués en les obligeant à refaire les élections afin d’annuler leur première élection de deux délégués et se conformer à la seule volonté du patron en désignant un seul délégué.

Conclusion: non seulement l’employeur ne respecte pas la décision de la délégation, mais en plus, il lui dicte ce qu’elle doit faire. Et le syndicat LCGB exécute les ordres du bwana puisque qu’il a décidé de voter pour l’abolition du délégué permanent du NGL-SNEP.

Affaire à suivre…

Ce texte est également disponible en Allemand

Auteur

Claus Marquardt
Claus Marquardt

Claus Marquardt est Secrétaire syndical au NGL-SNEP. Ses attributions concernent notamment le calcul des salaires, le gardiennage, les conventions collectives, la représentation dans les entreprises. Claus Marquardt est titulaire d'un bac Administration et Gestion et muni de l'esprit d'équipe inculqué par la Gendarmerie Française.

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