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Luxair: un vol sans retour?



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boom [quote_simple] »Grève à Air France: les négociations dans l’impasse, les pilotes dans la rue »[/quote_simple]
[quote_simple] »Grève des Pilotes Lufthansa: les enjeux ne sont pas que financiers! »[/quote_simple]

 

Voici les titres que l’on peut lire au mois de septembre 2014 dans la presse internationale. Luxair va-t-elle suivre la même voie?

Quand on prend les valeurs statistiques des grèves au Luxembourg (qui tendent vers zéro), les cartes ne sont pas mauvaises pour Luxair. C’est ce que doit se dire le nouveau DRH, Claude Olinger, « parti » de chez Goodyear pour rejoindre Luxair.

Or, rarement avons-nous vu un DRH manipuler avec autant de doigté et autant de manque de vergogne les syndicats. Rarement avons-nous vu des responsables de la paix sociale dans l’entreprise mettre cette dernière en danger avec autant de légèreté. Dernière perle de M. Olinger: l’information relatée à la presse concernant les salaires: 2700€ pour les « plus bas salaires » et une moyenne de 17.000€ pour les pilotes.

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[box type= »warrning_box » class= »box_green »]Question salaires: 2.200 à 2.400€ brut pour un ouvrier au cargo et un salaire moyen de 8.000€ pour les pilotes. Sur une flotte de 14 avions, 4 seulement sont des Boeing 737 (salaires plus élevés). La plupart des pilotes sont répartis sur les avions Embraer et Bombardier moins coûteux niveau salaires. Par ailleurs, le grand nombre de jeunes pilotes réduit davantage le coût salarial. Sachez encore que très peu de commandants Boeing 737 arrivent en fin de carrière du barème, même s’ils sont sur le point de partir en retraite.[/box]

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On est donc très loin (moins de la moitié!) des salaires mirobolants annoncés, pour les besoins de la cause, par Luxair. Au demeurant, le mensonge est dans la presse et la manipulation continue et vise à faire réagir le public: « Quoi, 17.000€, alors ils peuvent bien renoncer à quelques euros! ». Bravo, Luxair. On sème la zizanie et on récolte… nous verrons!

Aussi, après avoir échauffé avec virtuosité les esprits, Luxair ne devrait-elle pas trop compter sur les statistiques, le personnel travaillant dans l’entreprise ne pouvant pas être réduit au rang de simples chiffres (statistiques) que l’on peut manipuler à souhait.

Voici un extrait d’un accord de principe entre Luxair et les syndicats concernant la reconduction des conventions collective de travail:

[quote_box author= »25.07.2013″ profession= » »]Les partenaires sociaux déclarent vouloir préserver les emplois et les acquis salariaux du personnel dans le cadre des futures négociations.[/quote_box]

 

Notez bien la terminologie utilisée: « reconduction » et non pas « renégociation »: nous parlons donc d’une répétition de ce qui existait déjà. En outre, le texte cité parle sans équivoque de « préserver les acquis salariaux du personnel ».

Dans un récent courrier, les syndicats ont tendu la main à la direction Luxair afin de reprendre les négociations sur base de l’accord cité ci-dessus (maintien des acquis salariaux). Or Luxair signalant d’abord vouloir reprendre tout en respectant son accord, change aussitôt, une énième fois, de cap et, sûre de son coup, ne veut plus entendre parler de son engagement. La « réunion de la dernière chance » fut terminée brutalement!

On peut légitimement se poser la question à qui on a affaire. Les accords signés avec Luxair valent-ils le papier sur lequel ils sont couchés? La réaction incompréhensible de Luxair est-elle un signe que la compagnie aérienne, paniquée, prend le risque de se décrédibiliser plutôt que d’affronter un mal pire? Quel serait ce mal? La concurrence, le manque de productivité, le nouveau  patron (lire « gouvernement »)? Un défaut de paiement? Est-ce tout simplement du dédain envers les syndicats? De l’arrogance en sous-estimant la détermination du personnel à ne pas laisser dégrader ses conditions de travail en même temps que la direction annonce de bons chiffres?

Quelle que soit la réponse, la machine est mise en marche et risque de continuer sur « autopilot ». Les syndicats mobilisent actuellement le personnel par des réunions d’information, ultime répétition générale avant le branle-bas de combat, ultime geste de dissuasion avant d’appuyer sur le bouton rouge. Il y a une limite au-delà de laquelle le système continue tout seul et à partir de laquelle même les hommes de bonne volonté ne sauront plus le stopper!

Au vu de la nervosité des acteurs majeurs dans ce dossier, nous craignons que ce point de non-retour soit atteint! Pour notre part, las de nous faire mener en bateau par nos interlocuteurs qui semblent aimer jouer avec le feu, nous mettons sereinement les leviers sur « grève ». En effet, ce qui semble être un mot sale au Luxembourg est un processus tout à fait naturel,  démocratiquement légitime, voire un passage obligé (lire début de l’article) dans d’autres pays.

Auteur

Armand Wildanger
Armand Wildanger

Armand Wildanger est le Secrétaire Général du Syndicat NGL-SNEP depuis 2008. Il est en charge des communications du syndicat ainsi que de l'organisation et du fonctionnement du Secrétariat général du NGL-SNEP. Il fait partie du Conseil d'administration du NGL-SNEP. Armand Wildanger est diplômé en gestion d'entreprise.

Comments

  1. Pierre    

    Il faut faire grève comme nos amis les Français (et Allemands). Il faut que ça change !!!

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