Les Prestations familiales volent des enfants!

Ou comment on peut pousser la bureaucratie à son comble!


shadow
Print pagePDF pageEmail page

Nous en voyons des vertes et des pas mûres, mais là…

Commençons par les faits. Une dame a deux enfants avec son mari. Elle divorce et se remet avec un autre partenaire qui devient le papa de son troisième enfant. Quoi de plus banal me direz-vous. La maman a demandé à l’époque le congé d’éducation pour le troisième enfant. Avec trois enfants, le congé d’éducation pour le troisième enfant devrait durer quatre ans. Or, la CAE (Caisse pour l’avenir des enfants)1)Remarquez que nous préférons, et de loin, utiliser le nom de « Prestations familiales » pour l’institution qui paie, justement, les prestations familiales. Ainsi, tout le monde sait de qui on parle. Pourquoi le parti libéral, depuis son arrivée au sommet du pouvoir, change-t-il des noms clairs en noms incompréhensibles, à la façon des chiens qui pissent partout pour laisser leur marque? En l’occurrence, l’appellation est particulièrement mal choisie. Il appartient en effet aux parents de s’occuper de l’avenir de leurs enfants, pas à l’État! Aussi, nous n’utiliserons ce nom qu’une fois et continuerons à parler de Prestations familiales. ne l’entend pas de cette oreille. Pour des raisons qu’elle seule connait, le congé d’éducation se termine après deux ans, comme si la maman n’avait qu’un seul enfant. Nos interventions au nom de la mère apportent systématiquement des réponses au père du troisième enfant. Pourquoi autant de mauvaise volonté, de manque d’humanité, de bureaucratie?

Même si les demandes d’allocations familiales pour les enfants ont des déclarants (papas) différents, la maman figure bien en tant que partenaire sur les demandes, et à la fin, c’est bien elle qui a demandé le congé d’éducation et les Prestations familiales le lui ont bien accordé à elle! Le divorce a bien été déclaré par nos soins et les enfants sont bien avec leur maman, tous les trois.

Mais rien à faire. Les Prestations familiales campent, très impoliment par ailleurs, sur leur position et ne veulent plus nous parler au téléphone: « Vous n’avez qu’à faire un recours! »

La gifle récente de la Cour de Justice de l’Union européenne aux Prestations familiales rend cette affaire encore plus absurde. Les Prestations familiales seraient-elles masochistes? Les familles recomposées frontalières profiteraient-elles désormais d’un avantage que les Prestations familiales ne reconnaissent pas à une famille recomposée résidente?

On aura tout vu!

Dans un « désir éperdu de clarté »2)Albert CAMUS, Le mythe de Sisyphe, 1942, nous avons porté l’affaire devant les tribunaux sociaux. Comme si les tribunaux n’étaient pas encore assez encombrés! Absurde!

Ce texte est également disponible en Allemand

   [ + ]

1. Remarquez que nous préférons, et de loin, utiliser le nom de « Prestations familiales » pour l’institution qui paie, justement, les prestations familiales. Ainsi, tout le monde sait de qui on parle. Pourquoi le parti libéral, depuis son arrivée au sommet du pouvoir, change-t-il des noms clairs en noms incompréhensibles, à la façon des chiens qui pissent partout pour laisser leur marque? En l’occurrence, l’appellation est particulièrement mal choisie. Il appartient en effet aux parents de s’occuper de l’avenir de leurs enfants, pas à l’État! Aussi, nous n’utiliserons ce nom qu’une fois et continuerons à parler de Prestations familiales.
2. Albert CAMUS, Le mythe de Sisyphe, 1942

Auteur

Armand Wildanger
Armand Wildanger

Armand Wildanger est le Secrétaire Général du Syndicat NGL-SNEP depuis 2008. Il est en charge des communications du syndicat ainsi que de l'organisation et du fonctionnement du Secrétariat général du NGL-SNEP. Il fait partie du Conseil d'administration du NGL-SNEP. Armand Wildanger est diplômé en gestion d'entreprise.