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Convention collective du gardiennage : la honte !


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Concernant la convention collective des agents de sécurité, le NGL-SNEP lance un appel aux syndicats dits représentatifs :

  1. Il faut surseoir avec effet immédiat à la signature et donc au renouvellement de la convention collective. Une telle signature serait non seulement incompréhensible au vu des élections sociales prochaines, mais également anti-démocratique. Une signature à ce stade aurait deux conséquences néfastes pour les agents :
  • La signature rend vain les élections sociales et l’espoir des agents pour un changement. Si la convention collective est signée pour une durée de trois ans, un changement de majorité lors des élections de mars 2019 n’apporterait aucun changement des conditions de travail des agents pour les trois années sur cinq du mandat syndical.
  • Au vu de l’augmentation prévue du salaire social minimum par le nouveau gouvernement – 100€ net – les augmentations (ridicules) négociées n’auront aucun effet sur certains salaires des agents, puisque l’augmentation légale dépassera pour certains échelons l’augmentation négociée, qui devient sans effet.

Un tel fait accompli, un tel cadeau empoisonné aura pour effet une radicalisation des relations de travail.

  1. Quitte à négocier des augmentations, autant en négocier qui méritent l’appellation. Les employeurs du gardiennage aiment tellement faire appel aux agents formés notamment en France, mais sont aux abonnés absents lorsqu’il s’agit de rémunérer ces formations.

Quels sont ces syndicats qui omettent de dénoncer cette omission grave et réclamer des augmentations de salaire justes et équitables ?

Le NGL-SNEP demande à ce que soient valorisées les spécificités des agents :

  • Convoyeurs
  • Maîtres-chiens
  • Connaissances spécifiques pour certains sites :
    • Banques
    • Sites sensibles
    • Postes insalubres
    • Postes demandant des connaissances/ formations spécifiques etc…

En voici quelques exemples chiffrés :

  • Augmentation nette de 100€ pour tout le secteur
  • 3000€ brut pour les convoyeurs de fonds (il s’agit de 180 personnes !)
  • 50€ de prime pour les maîtres-chiens ( il paraît que la société facture 85€ au client ! pour une prestation d’un maître-chien !)
  1. Respect de la législation européenne et luxembourgeoise sur la durée du travail et notamment les repos.
    • Repos de 24h sur 7 jours
    • 10h de travail maximum par jour
    • Limitation des interruptions de travail à une par jour
    • Interruptions de travail de 2h maximum par jour
  1. Respect de la législation européenne/ luxembourgeoise sur le temps de trajet=temps de travail.
  2. Egalité de traitement de tous les agents, nouveaux ou anciens : remise en place immédiate des 2 jours de congés supplémentaires (qui sont initialement des jours fériés d’usage transformés en jours de congé, et non pas des jours de congés supplémentaires accordés par la grâce de l’employeur : il s’agit donc d’une transformation de ce qui existait déjà et non pas d’un coût supplémentaire pour l’employeur !)
  3. Reprise du personnel en cas de perte du contrat, sans chipotage sur les congés restants.
  4. Rappel aux employeurs du secteur et aux clients qu’ils emploient des agents de sécurité et non pas des agents de nettoyage voire des éboueurs, des serveurs en hôtellerie, ou bien des agents administratifs !
  5. Mise en place d’une charte anti-harcèlement.
  6. Respect des dispositions de la convention telle qu’elle est actuellement, notamment sur les changements de plannings.
  7. Réduction de la période de référence de 12 mois à 4 mois maximum, voire 3 mois. La PR de 12 mois est un échec cinglant. La PR n’est pas le remède adéquat pour les incompétences organisationnelles du patron !

Le NGL-SNEP avec ses délégués lance un appel aux syndicats signataires d’arrêter de jouer avec la vie des agents !

Il ne faut pas leur faire croire à un bon résultat de négociation alors qu’il s’agit d’augmentations telles des miettes et surtout, que les injustices, les flous et les « en principe » à outrance de la convention collective restent en vigueur.

Il faut également arrêter de raconter aux agents que le plus grand syndicat n’est pas majoritaire dans le secteur. Il n‘en a pas besoin. Les deux syndicats LCGB et OGBL jouissent de la représentativité nationale dont ils se targuent : pourquoi ne pas la mettre au profit des agents de sécurité ?

Pourquoi ne pas l’avoir déjà mis à leur profit pour négocier une convention collective digne de ce nom et plus favorable que la loi au lieu de faire des faveurs aux patrons du gardiennage ?

Quelle hypocrisie de prétendre ne pas être majoritaire dans le secteur pour sortir du placard au moment des élections pour vouloir apparaître comme le grand sauveur des agents !

C’est maintenant, en période électorale, que ces syndicats découvrent que le pouvoir d’achat des agents de sécurité a finalement baissé au cours des vingt dernières années, alors que nous ne les avons pas entendus lorsque leurs partis politiques frères respectifs – Socialistes pour l’OGBL et Chrétiens sociaux pour le LCGB – ont manipulé et gelé les indexations après 2008 et donc réellement baissé le pouvoir d’achat des travailleurs !

Faut-il rappeler également la position de l’OGBL contre les agents de sécurité étrangers (sic !) sur le site de l’Aéroport de Luxembourg ? Ce syndicat a plaidé jadis pour l’embauche de chômeurs au Luxembourg pour les postes de sécurité à l’Aéroport et contre l’externalisation de ce service ! Anti-agents, anti-frontaliers !

Agents de sécurité : souvenez-vous !gardiennage

Auteur

Armand Wildanger
Armand Wildanger

Armand Wildanger est le Secrétaire Général du Syndicat NGL-SNEP depuis 2008. Il est en charge des communications du syndicat ainsi que de l'organisation et du fonctionnement du Secrétariat général du NGL-SNEP. Il fait partie du Conseil d'administration du NGL-SNEP. Armand Wildanger est diplômé en gestion d'entreprise.

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